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Techniques de polyglottes pour ne plus stagner

Des techniques de polyglottes ? Pourquoi faire ?

Il arrive un moment dans l’apprentissage d’une langue où l’on ne progresse plus.

Apprendre une langue est relativement facile jusqu’à un certain point de stagnation : perte de nouveauté, découverte de concepts plus complexes,… On ne se sent plus « débutant » mais l’on se sent bloqué pour avancer. On se demande même comment faire pour passer au niveau supérieur. Ce phénomène survient au bout de quelques mois et est appelé « plateau ». Un plateau s’installe insidieusement et laisse la place à une forte démotivation… jusqu’à l’abandon pur et simple.

C’est la raison pour laquelle je voulais vous parler de ce sujet important aujourd’hui : comment éviter ce point de stagnation… ou en sortir. Ça te dit ? J’en étais sûr !

Pour se faire, je convoque 2 polyglottes bien connus dans le milieu. Ils vont nous présenter leurs meilleurs techniques de polyglottes pour avancer. L’un est italien, l’autre irlandais : j’ai nommé Luca Lampariello et Benny Lewis.

Ils parlent chacun plus d’une dizaine de langues. Rien que ça ! Et je peux t’assurer qu’ils s’y connaissent en période de stagnation…

Sans plus attendre, allons voir ce que nous propose Luca

Les 5 techniques du polyglotte Lucas Lampariello pour ne plus stagner

Sortir de sa zone de confort

Lorsque l’on atteint un certain niveau dans une langue, nous avons tendance à nous reposer sur nos acquis. Sans s’en rendre compte, nous utilisons la langue « à notre niveau ». C’est souvent la raison principale qui empêche de passer au niveau supérieur. Pour rappel, pour progresser dans n’importe quelle discipline, notre cerveau a besoin d’être challengé.

Comment faire ? C’est simple :

Tu écoutes des podcasts adaptés à ton niveau ? Passe à ceux dédiés au niveau supérieur !

Idem concernant la lecture. Un des risques avec le fait de se cantonner à des livres adaptés à son niveau est de ne pas apprendre de vocabulaire nouveau, ni se confronter à de nouvelles tournures de grammaire, sans parler du style.

Mais attention à ne pas brûler les étapes comme nous allons le voir maintenant.

Luca Lampariello techniques de polyglottes
Le polyglotte Luca Lampariello sur la Place Rouge à Moscou

Y aller petit à petit

Eh oui. Se frotter au niveau supérieur est le plus court chemin pour progresser. Mais se lancer dans du contenu trop compliqué eu égard à son niveau est le meilleur pour se décourager et donc…

De se démotiver.

C’est pourquoi je déconseille, par exemple, d’écouter les infos ou de lire de la littérature lorsque l’on est débutant.

C’est la raison pour laquelle l’ami Luca développe l’approche suivante dans sa façon d’aborder la lecture :

  • commencer avec des manuels pour débutants/intermédiaires de type Assimil ou Teach Yourself
  • passer aux livres bilingues
  • se frotter à des livres uniquement dans la langue cible
  • enfin, lire journaux ou magasines spécialisés

Ces différentes étapes permettent de sortir de sa zone de confort graduellement sans se jeter directement dans le grand bain et, de fait, d’être dans une dynamique de progression constante.

Quoi de pire que se lancer dans le grand bain sans savoir nager ?

Également, quoi de pire de faire une activité tous les jours sans…

S’amuser

Utiliser les mêmes méthodes jours après jours, aussi efficientes soient-elles, est le meilleur moyen de se lasser. Et l’ennui est clairement l’ennemi de la progression.

As your language skills improve, you will find that how you like to spend your learning time will change.

Luca Lampariello

Nous allons voir quelques exemples d’activités dans la partie suivante, en découvrant un principe à connaître absolument.

Comprendre la pratique délibérée & la pratique naturelle

Pour la plupart d’entre nous, nous avons commencé à apprendre une langue étrangère à l’école. Du coup, nous voyons l’apprentissage des langues étrangères comme une matière qui nécessite d’étudier des heures et des heures derrière son bureau. Rien n’est moins vrai.

Le fait de s’asseoir avec un manuel avec l’intention d’apprendre est appelée la pratique délibérée.

L’autre façon d’apprendre est la pratique naturelle. Cette pratique s’apparente le plus souvent aux loisirs.

  • textoter,
  • regarder un film,
  • jouer aux jeux vidéo,
  • lire un manga ou un comics…

Le tout dans sa langue cible ! (spoiler : c’est comme ça que mon niveau d’anglais s’est envolé)

Enchaîner la pratique délibérée et la pratique naturelle permet de maximiser son temps dans le sens où ces 2 types de pratiques ne nécessitent pas le même effort mental. En conséquence de quoi :

Se « reposer » dans sa langue cible est un hack très puissant pour progresser.

Être patient

Rome ne s’est pas faite en un jour !

Progresser en langue n’est pas forcément palpable. D’où l’intérêt de se fixer des objectifs atteignables. D’ailleurs, j’y consacre un chapitre dans l’ebook Discipline & langues étrangères (que tu peux télécharger à la fin de cet article, et ce gratuitement ce mois-ci). J’y donne des techniques concrètes à mettre en place dès aujourd’hui. Mais revenons à nos techniques de polyglottes avec cette citation de Luca :

Instead, look to that peak and realize that today it is closer than it was yesterday, and tomorrow it will be even closer than it is today.

Luca Lampariello

« À la place (de se démoraliser en voyant le chemin qu’il reste à parcourir), regarde ce sommet en te disant qu’il est aujourd’hui plus proche qu’il ne l’était hier, et qu’il sera demain encore plus proche qu’il ne l’est aujourd’hui. »

Quand j’ai un « coup de mou », j’aime regarder où j’en étais il y a 6 mois, plutôt que de psychoter sur mon niveau actuel. Essaie-donc, tu m’en diras des nouvelles, peu importe combien il faut de temps pour apprendre ta langue cible !

Voyons maintenant LA technique de polyglotte de notre ami irlandais. Je préfère vous prévenir, elle est surpuissante 😈

La dernière des techniques de polyglottes par Benny Lewis

Les mini-missions : Seek & Destroy

Le principe des mini-missions de Benny Lewis est extrêmement simple, il s’agit simplement d’identifier un point faible, et le travailler avec le maximum d’effort possible jusqu’à ce qu’il n’en soit plus un.

Cette stratégie permet de faire un immense bon en avant. Le but est d’éliminer une à une les barrières qui nous empêchent d’atteindre notre objectif. Quel qu’il soit !

De plus, les mini missions apportent une véritable sensation d’accomplissement et de progrès. N’est-ce pas le plus important pour entretenir sa motivation ? On est d’accord.

Cette technique de polyglotte permet également de ne pas tomber dans la routine 💪

Définir et s’atteler à des mini-missions permet de varier son apprentissage pour progresser à la vitesse de l’éclair !

Benny Lewis et ses techniques de polyglottes
Benny Lewis lors de la sortie de son livre Fluent in 3 Months

La 6ème des techniques de polyglottes appliquée au mandarin

Par exemple, alors qu’il avait déjà atteint un solide niveau A2* en mandarin, il était temps pour Benny de se concentrer sur le niveau B1. Il pouvait communiquer avec un natif qu’il avait en face de lui (que ce soit dans la vie ou sur Skype), mais il était incapable d’avoir le même niveau de compréhension avec une personne au téléphone. Et ce pour une raison très simple…

Lors de l’interaction avec un natif, il avait tendance à s’appuyer sur le contexte visuel…

*Petit rappel concernant les fameux niveaux définis par le Cadre Européen Commun de Référence pour les Langues (CECRL). Ils sont au nombre de 6 :

A1 niveau introductif (ou découverte)
A2 niveau intermédiaire
B1 niveau seuil
B2 avancé (ou indépendant)
C1 niveau autonome
C2 niveau maîtrise

En comprenant son problème, Benny a immédiatement cessé d’utiliser la fonction vidéo lors de ses échanges sur Skype, que ce soit avec son professeur ou ses partenaires linguistiques. Il en ressort qu’il a largement amélioré son écoute. En effet, après cette expérience, il était capable de reconnaître beaucoup plus de mots.

« It wasn’t fun (at first), but thanks to focusing on a problem I knew I had, I pushed my level up. »

Benny Lewis

Je ne vous cache pas que cette technique oblige à sortir de sa zone de confort… et si ça te pose un problème, je te renvoie au premier tips de Luca 🙂

Résumé des 6 techniques de polyglottes pour ne plus stagner

  • Sortir de sa zone de confort…
  • …sans avoir les yeux plus gros que le ventre 😜
  • S’amuser !
  • Jongle entre la pratique délibérée et la pratique naturelle
  • Être patient !
  • Identifier son plus gros problème et le travailler avec le maximum d’effort possible ce qu’il n’en soit plus un.

°°°

J’espère que ces techniques de polyglottes te serviront autant qu’à moi. En tous cas, n’hésite pas à partager les tiennes en commentaire !

Si tu as trouvé cet article utile, tu es libre de le partager!

5 commentaires

  • Rudy

    Comme je ne pratique plus autant les langues étrangères apprises lorsque j’étais en immersion dans une autre culture, je régresse. Merci pour cet article qui donne des astuces pour au moins stabiliser mon niveau, voir progresser 😉 Je vais tenter de sortir de ma zone de confort plus souvent en me lançant de petits défis.

  • leblogdespagnol

    Quel plaisir de lire un nouvel article. J’ai adoré. Mon conseil préféré est le premier, et je crois qu’il est valable pour tout dans la vie. Difficile de progresser dans n’importe quel domaine sans sortir de sa zone de confort! Merci pour ton blog, toujours très intéressant 😀

  • Prof Chopin

    Merci pour cet article très complet. Une question-clé que je recommande à mes élèves de se poser systématiquement avant de faire quoi que ce soit : « Est-ce que je pourrais le faire en français ? »
    « Je veux jouer à un jeu vidéo » > « Est-ce que je pourrais le faire en français ? »
    « Je veux m’informer. » > « Est-ce que je pourrais le faire en français ? »
    etc.
    La pratique naturelle est aussi une question de discipline et c’est souvent difficile de s’y tenir…

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