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Apprendre une langue ne sert à RIEN (sans savoir ÇA)

Nous décidons d’apprendre une langue étrangère pour plusieurs raisons. Voyager et élargir nos horizons culturels. Faire des rencontres et enrichir notre vie sociale. Augmenter sa valeur sur le marché du travail. Cette liste est loin d’être exhaustive et chacun possède la motivation qui lui est propre. Le problème étant que lors de l’apprentissage d’une langue, et parfois même avec beaucoup de discipline, il arrive que l’on puisse stagner. Les causes peuvent être multiples. L’une d’elle est la méconnaissance de certains mécanismes clés liés au fonctionnement de notre cerveau.
Plusieurs effets néfastes peuvent en résulter :

  • impression de faire beaucoup pour peu de résultats,
  • perte de temps dans des activités pas franchement efficientes,
  • sensation que l’on ne progresse PAS DU TOUT.

Tout ça nous amène bien souvent à une période de démotivation. Voire à l’abandon total ou partiel de la langue que l’on est en train d’apprendre. Dommage non ? Je te propose maintenant de découvrir la différence entre l’apprentissage actif et l’apprentissage passif. Et comment ce concept peut tout changer dans ta façon d’apprendre.

Apprendre une langue avec le cône de l’apprentissage

Peut-être as-tu déjà entendu qu’on ne retient que 10 % de ce que l’on lit, 20 % de ce que l’on entend et, enfin, 30 % de ce que l’on voit. D’où ça vient ? Honnêtement, je n’en suis pas sûr… Mais j’ai retrouvé ce principe dans le fameux « cone of apprentissage » (ou « cone of learning ») que tu connais peut-être. Ce concept a été créé dans les années 40 par Edgar Dale, un chercheur américain, et se présente comme suit :

apprendre une langue avec le cône de l'apprentissage
Le cône de l’apprentissage d’Edgar Dale …oui j’ai remarqué c’est une pyramide, pas un cône 😁

J’ai découvert le cône de l’apprentissage au début du livre Père Riche Père Pauvre, de Robert Kiyosaki. J’ai d’ailleurs été agréablement surpris de trouver ça là, ayant tendance à être un « geek » de l’apprentissage comme tu commences à le comprendre 🤓

Qu’est ce qu’on y apprend ?

Qu’au terme de deux semaines après avoir fait une activité, et si l’on ne revient pas dessus, on ne retiendra que :

  • 10 % de ce que l’on a lu (livre, article)
  • 20 % de ce que l’on a entendu (podcast, émission de radio)
  • 30 % de ce que l’on a vu (leçon sur YouTube)
  • 50 % de ce que l’on a appris en visitant une exposition ou en regardant un film
  • 70 % des informations d’une conférence que l’on aura donné ou d’une discussion à laquelle on aura participé
  • 90 % d’une expérience que l’on aura simulé, bref, de ce que l’on aura expérimenté

Tu l’as peut-être remarqué : la pyramide est divisée en deux parties. À savoir l’apprentissage dit «passif», et celui dit «actif». Ces termes correspondent à notre degré d’implication. Dans l’apprentissage des langues, on parlera d‘«input» (ce que l’on fait entrer) et d’ «output» (ce que l’on fait sortir). L’input concernera donc ce que l’on absorbe, c’est à dire les skills suivant : écouter et lire. Quant à l’output, il concerne ce que l’on produit, donc : parler et d’écrire.

l'apprentissage actif pour mieux apprendre une langue
Écrire est une tâche active

Si l’on suit la logique du cône, l’un est plus important que l’autre dans le processus d’apprentissage. Ou tout du moins, se concentrer sur l’output plutôt que sur l’input serait une méthode beaucoup plus efficiente. Mais faut-il pour autant délaisser complètement l’input au profit de l’output ?

Apprendre une langue…

input Vs output?

Avant tout, il est intéressant de se demander qu’est ce que réellement l’output. Et pourquoi le qualifie-t-on d’actif.

Comme je l’ai dit dans la partie précédente, l’output concerne ce que l’on produit. C’est un processus créatif. Il mobilise nos connaissances pour exprimer une idée dans le but de délivrer un message (écrit ou oral) en fonctions de diverses variables (vocabulaire connu et adapté à l’interlocuteur, règles grammaticales et éventuellement plan/structure en fonction du type de message).

Dit de cette façon, ça peut paraître bête comme chou, mais penser et s’exprimer dans une langue étrangère demande un effort considérable à notre cerveau. Et tu sais quoi ? C’est contre-intuitif, mais c’est exactement ce qu’il faut viser pour progresser !

Concernant l’input, nous sommes spectateurs (par opposition à acteur/créateur). Comme quand nous regardons un film. Mais est-ce que cela veut dire qu’apprentissage passif = perte de temps ? Bien-sûr que non. Dans cet article, je cherche simplement à te faire comprendre que l’on a tendance à « se reposer » sur l’input jusqu’au point où certains ne voient que par lui (ça m’est arrivé 🙂 ). Le risque, je le répète, est de ne pas progresser du tout.

Le vrai pouvoir de l’input

Alors OUI, la création suppose un gros effort intellectuel. Et pour progresser, il est indispensable. Mais l’input va notamment jouer un rôle essentiel dans l’acquisition du vocabulaire. Et n’est-ce pas un des piliers lorsque l’on cherche à apprendre une langue ? 🙂

Une technique simple d’acquisition de vocabulaire est de souligner les mots inconnus d’un texte et d’y revenir plus tard. [Attention à ne pas chercher immédiatement un mot inconnu pour ne pas casser le flow de lecture. Mieux vaut essayer de deviner grâce au contexte]. Même chose pour un mot nouveau qui apparait dans un film ou dans une série. Ainsi, le vocabulaire appris à travers l’input pourra être restitué dans l’output.

utiliser netflix pour apprendre une langue et son vocabulaire
“Netflix and chill” pour apprendre du vocabulaire

Eh oui, comment connaître des mots nouveaux si on ne les a jamais vu/entendu auparavant? Comme pour les enfants en bas âge chez qui l’apprentissage passif prédomine jusqu’à environ 24 mois, l’acquisition de vocabulaire nouveau est une étape importante si ce n’est obligatoire pour les débutants. Dons se concentrer sur des tâches actives pour booster son niveau : OUI. Mais sans l’apprentissage passif pour « remplir son sac » de vocabulaire, apprendre une langue est peine perdue. On ne va pouvoir, ni créer grand-chose, ni étoffer son discours avec de nouveaux mots ou de nouvelles tournures de phrases.

Pour résumer:

Bien que les tâches actives sont potentiellement plus effectives, il ne faut pas opposer l’actif et le passif car ils sont essentiels et complémentaires. Allons voir maintenant comment adapter cette théorie au sujet qui nous intéresse : apprendre une langue de façon plus efficiente.

Papier, crayon : place à l'action !
Papier, crayon : place à l’action !

Bien faire la différence avec les tâches actives et passives est clairement un plus pour organiser son apprentissage. Il peut être parfois utile de se poser quelques minutes et de se demander si notre rapport actif/passif n’est pas déséquilibré. Je te propose de noter les activités que tu as l’habitude de faire, et de les classer dans 2 catégories : les actives et les passives. Partant de là tu verras tout de suite si il y a un problème ou pas.

Si c’est équilibré, c’est parfait ! Ne change rien. Au contraire, si l’un est clairement majoritaire… c’est une très bonne nouvelle également ! Cela veut dire que tu vas pouvoir modifier tes habitudes quotidiennes pour faire exploser ta progression dans les semaines à venir 🙂

Quelques conseils :

  • Ne prévois pas de trop grosses plages « actives ». Car qui dit gros effort intellectuel, dit effort limité dans le temps. C’est une notion à prendre en compte.
  • De même qu’il vaut mieux s’atteler à de telles tâches lorsque l’on est plein d’énergie. Préférer donc la lecture et Netflix le soir.
  • Pour maximiser ton temps et mêler l’apprentissage actif et l’apprentissage passif : parle à un natif ! C’est l’une de mes activités préférées pour combiner l’écoute et la production orale. Tu peux même bosser l’écrit en utilisant la méthode des îles.

Et au passage, ça peut paraître bête, mais correspondre avec un natif par écrit dans la langue que l’on apprend mêle également les apprentissages. Je me souviens avoir fait de gros progrès rien qu’en échangeant des textos régulièrement. C’est d’ailleurs une solution intéressante pour ceux qui n’osent pas encore se lancer à l’oral. D’ailleurs, je te dirai dans un prochain article comment trouver des natifs 🙂

[Dis moi en commentaire si tu connaissais ce concept 🙂 ]

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6 commentaires

  • Mirentxu

    Merci pour cet article qui synthétise bien une partie du mécanisme d’apprentissage des langues. Je suis d’accord avce toi: parler avec un natif est selon moi un des meilleurs moyens de progresser!

    • Rom

      Eh oui, car connaitre les rouages et mécanismes de l’apprentissage peut paraitre rébarbatif, mais cela fait gagner un temps énorme! Merci pour ton commentaire 🙂

  • Luc

    Merci pour ces éclairages. Je ne connaissais pas ce concept de Input et Output. C’est vrai que moi pour moi l’apprentissage d’une langue passe à un moment donné par l’immersion dans le pays de la langue. Cela dit connaitre ces techniques permet de gagner du temps.

    Merci pour cet article.

    • Rom

      Merci à toi pour ce commentaire! Effectivement, l’immersion est une étape cruciale lorsque l’on apprend une langue. J’en parlerai d’ailleurs dans un futur article 😉

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